{"id":6759,"url":{"canonical":"https:\/\/moncorps.ch\/symptomes-deni-grossesse\/","rest_html":"https:\/\/moncorps.ch\/wp-json\/02c44039\/v1\/id\/6759"},"title":"Sympt\u00f4mes du d\u00e9ni de grossesse : les signes \u00e0 reconna\u00eetre","slug":"symptomes-deni-grossesse","date":"2026-08-03T07:12:42+02:00","modified":"2026-08-14T12:19:27+02:00","language":"fr-FR","author":"Lucie Gillet","excerpt":"D\u00e9ni de grossesse : d\u00e9finition m\u00e9dicale et formes cliniques \u00e0 conna\u00eetre Le d\u00e9ni de grossesse correspond \u00e0 un m\u00e9canisme psychique par lequel une femme ne prend pas conscience, consciemment ou inconsciemment, de l'\u00e9tat gravidique. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne n'est ni une simulation...","plain_text":"D\u00e9ni de grossesse : d\u00e9finition m\u00e9dicale et formes cliniques \u00e0 conna\u00eetre\n\nLe d\u00e9ni de grossesse correspond \u00e0 un m\u00e9canisme psychique par lequel une femme ne prend pas conscience, consciemment ou inconsciemment, de l'\u00e9tat gravidique. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne n'est ni une simulation ni un choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 : il s'agit d'une interaction complexe entre le corps et le psychisme qui masque ou att\u00e9nue les signes attendus d'une grossesse. Les autorit\u00e9s sanitaires et la litt\u00e9rature scientifique pr\u00e9cisent des cadres cliniques utiles pour rep\u00e9rer ces situations.\n\nDeux formes principales sont distingu\u00e9es par les recommandations : le d\u00e9ni partiel et le d\u00e9ni total. Dans le premier cas, la prise de conscience intervient avant l'accouchement, souvent au cours du deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me trimestre. Dans le second, la grossesse reste ignor\u00e9e jusqu'\u00e0 l'accouchement, parfois r\u00e9v\u00e9l\u00e9e suite \u00e0 une douleur abdominale ou lors d'un passage aux urgences. Ces distinctions sont cliniquement importantes car elles orientent la prise en charge obst\u00e9tricale et psychologique.\n\nLes estimations \u00e9pid\u00e9miologiques indiquent que le ph\u00e9nom\u00e8ne concerne davantage de femmes qu'on ne l'imagine. Selon des travaux rassembl\u00e9s par des associations et des instituts de recherche, environ 1 \u00e0 3 grossesses sur 1 000 sont concern\u00e9es en France, soit plusieurs milliers de cas chaque ann\u00e9e. Ces chiffres servent de rep\u00e8re pour la planification des services p\u00e9rinatals et pour la formation des professionnels. Ils montrent que le d\u00e9ni n'est pas exceptionnel et m\u00e9rite d'\u00eatre connu des praticiens comme du grand public.\n\nUne fiction de fil conducteur aide \u00e0 humaniser le propos : Sophie, 29 ans, habitante de la r\u00e9gion l\u00e9manique, sent depuis plusieurs mois des changements discrets mais n'en tire pas la conclusion d'une grossesse. Elle travaille, pratique la randonn\u00e9e et juge que ses cycles restent r\u00e9guliers. Son entourage la per\u00e7oit comme stable. Cette histoire-type illustre comment une femme apparemment \u00e9quilibr\u00e9e peut traverser un d\u00e9ni sans alerter l'entourage.\n\nSur le plan m\u00e9dical, la Haute Autorit\u00e9 de Sant\u00e9 (HAS) et d'autres recommandations insistent sur le fait que le d\u00e9ni n'implique pas syst\u00e9matiquement une pathologie psychiatrique. Des femmes consid\u00e9r\u00e9es comme psychologiquement stables peuvent vivre un d\u00e9ni. Le m\u00e9canisme psychique bloque la perception des signaux corporels : r\u00e8gles pouvant persister, absence de modification mammaire notable, ou ventre peu modifi\u00e9. Le r\u00f4le du corps dans le camouflage ouvre des pistes de recherche en psychosomatique.\n\nL'angle diagnostique se fonde sur l'articulation entre signes cliniques et contexte psychosocial. \u00c0 l'h\u00f4pital, l'annonce d'une grossesse non per\u00e7ue entra\u00eene la mobilisation d'une \u00e9quipe pluridisciplinaire : sage-femme, gyn\u00e9cologue, p\u00e9diatre et sp\u00e9cialiste en p\u00e9rinatalit\u00e9. Les structures de sant\u00e9 en Suisse romande, comme les maternit\u00e9s universitaires, ont d\u00e9velopp\u00e9 des parcours d'accueil adapt\u00e9s o\u00f9 l'examen \u00e9chographique et le bilan biologique sont mis en oeuvre rapidement pour s\u00e9curiser la future m\u00e8re et le f\u0153tus.\n\nCe premier point pose d\u00e9j\u00e0 des rep\u00e8res concrets : le d\u00e9ni se d\u00e9cline en deux formes, il touche plusieurs femmes chaque ann\u00e9e et il n\u00e9cessite une prise en charge multidisciplinaire. Le prochain volet d\u00e9taillera les signes physiques qui passent souvent inaper\u00e7us et qui doivent alerter vous ou votre entourage.\n\nSympt\u00f4mes physiques du d\u00e9ni de grossesse : signes discrets \u00e0 rep\u00e9rer\n\nLes manifestations corporelles du d\u00e9ni de grossesse sont souvent atypiques et peuvent ressembler \u00e0 des troubles b\u00e9nins. C'est cette discr\u00e9tion qui retarde parfois le diagnostic. Les signes suivants reviennent fr\u00e9quemment dans la litt\u00e9rature et les retours d'exp\u00e9rience clinique, et m\u00e9ritent d'\u00eatre connus pour agir rapidement.\n\nParmi les signes physiques, on observe :\n\n\ud83d\udd34 Persistance de saignements ressemblant aux r\u00e8gles pendant tout ou partie de la grossesse. Ces pertes peuvent rassurer la femme sur son statut non enceinte.\u2696\ufe0f Prise de poids mod\u00e9r\u00e9e ou absente, parfois m\u00eame une l\u00e9g\u00e8re perte qui fait penser \u00e0 un changement alimentaire ou \u00e0 un stress.\ud83d\udd0d Ventre peu modifi\u00e9 : le f\u0153tus peut se positionner verticalement contre la colonne, rendant l'abdomen moins pro\u00e9minent.\ud83e\udd10 Absence nette de perception des mouvements f\u0153taux, ou interpr\u00e9tation de ces sensations comme des gaz ou des crampes digestives.\ud83e\udd22 Naus\u00e9es attribu\u00e9es \u00e0 des troubles gastro-intestinaux et non \u00e0 la grossesse.\ud83e\uddf4 Absence de modification mammaire visible, ce qui d\u00e9\u00e7oit l'image classique de la grossesse.\n\nCes signes peuvent se combiner ou appara\u00eetre isol\u00e9ment. Par exemple, Sophie a ressenti des spasmes qu'elle a interpr\u00e9t\u00e9s comme des probl\u00e8mes intestinaux. Son poids est rest\u00e9 stable, et elle a eu des pertes sanguines irr\u00e9guli\u00e8res, ce qui l'a confort\u00e9e dans l'id\u00e9e de ne pas \u00eatre enceinte. Ce type de sc\u00e9nario illustre la difficult\u00e9 du rep\u00e9rage dans la vie quotidienne.\n\nIl existe aussi des cas o\u00f9 un test de grossesse r\u00e9alis\u00e9 pr\u00e9cocement donne un r\u00e9sultat faussement n\u00e9gatif. Des fluctuations hormonales, une mauvaise r\u00e9alisation du test ou une datation erron\u00e9e peuvent expliquer ce r\u00e9sultat trompeur. Dans ce contexte, un test n\u00e9gatif unique ne doit pas exclure l'hypoth\u00e8se de grossesse si d'autres signes persistent.\n\n\u00c0 des fins cliniques, quelques \u00e9l\u00e9ments cibl\u00e9s doivent conduire \u00e0 une \u00e9valuation compl\u00e9mentaire :\n\n\ud83e\ude7a douleur abdominale aigu\u00eb ou contractions inhabituelles;\ud83d\udcc9 absence prolong\u00e9e de r\u00e8gles chez une femme en \u00e2ge de procr\u00e9er;\ud83d\udd14 changement rapide de la silhouette sans explication apparente.\n\nDes examens simples permettent de lever le doute : un test urinaire ou sanguin, suivi d&#039;une \u00e9chographie si positif. Ces examens sont rapides et accessibles dans la plupart des cabinets m\u00e9dicaux et des services d'urgences en Suisse romande.\n\nExemple clinique : une patiente consulte pour des douleurs pelviennes. Le m\u00e9decin prescrit un test de grossesse n\u00e9gatif, puis, devant la persistance des douleurs, r\u00e9alise une \u00e9chographie. Le f\u0153tus est alors visible et la patiente d\u00e9couvre la grossesse. Le cas montre l'importance d'une approche pragmatique et non stigmatisante.\n\nEn synth\u00e8se, la vigilance porte sur plusieurs signes discrets : saignements persistants, ventre peu modifi\u00e9, absence de mouvements per\u00e7us et sympt\u00f4mes digestifs trompeurs. Ces indicateurs doivent inciter \u00e0 un test simple plut\u00f4t qu'\u00e0 une hypoth\u00e8se reposante d'absence de grossesse. Reconna\u00eetre ces manifestations r\u00e9duit les risques et facilite une prise en charge adapt\u00e9e.\n\n\n\n\n\ud83d\udd0e Crit\u00e8re\n\ud83e\ude7a D\u00e9ni partiel\n\u26a0\ufe0f D\u00e9ni total\n\n\n\n\n\ud83e\uddfe Prise de conscience\nPrise de conscience avant l'accouchement\nD\u00e9couverte au moment de l'accouchement\n\n\n\ud83e\ude78 Saignements\nPeu fr\u00e9quents mais possibles\nSouvent persistants ou interpr\u00e9t\u00e9s comme des r\u00e8gles\n\n\n\u2696\ufe0f Morphologie\nVentre parfois d\u00e9velopp\u00e9\nVentre peu modifi\u00e9\n\n\n\ud83e\udde0 Conscience psychique\nPrise de conscience progressive\nBlocage psychique complet\n\n\n\ud83c\udfe5 Prise en charge\nSuivi obst\u00e9trical planifi\u00e9 + soutien psychologique\nPrise en charge urgente et soutien intensif\n\n\n\n\n\n\nSignes psychologiques et comportementaux : comment le psychisme participe au camouflage\n\nLe d\u00e9ni de grossesse implique des \u00e9l\u00e9ments psychiques qui vont au-del\u00e0 des seuls sympt\u00f4mes physiques. Comprendre ces m\u00e9canismes aide \u00e0 adopter une attitude d'\u00e9coute et de non-jugement lorsque vous \u00eates confront\u00e9 \u00e0 une situation suspecte.\n\nLe m\u00e9canisme principal est une d\u00e9fense psychique visant \u00e0 prot\u00e9ger la personne d'une r\u00e9alit\u00e9 per\u00e7ue comme insurmontable. Cette protection peut s'appuyer sur des ant\u00e9c\u00e9dents personnels : traumatismes ant\u00e9rieurs, peurs li\u00e9es \u00e0 la parentalit\u00e9, ou un contexte familial peu r\u00e9ceptif. Ces facteurs ne d\u00e9terminent pas le d\u00e9ni \u00e0 eux seuls mais augmentent la probabilit\u00e9 d'occurrence.\n\nDans la pratique, des comportements typiques s'observent :\n\n\ud83d\ude36 \u00e9vitement des consultations m\u00e9dicales ;\ud83d\ude48 rationalisation des signes (attribuer les naus\u00e9es \u00e0 l'alimentation) ;\ud83d\udd12 retrait \u00e9motionnel vis-\u00e0-vis de l'entourage ;\ud83e\udded incapacit\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer l'id\u00e9e d'une grossesse malgr\u00e9 les indices.\n\nSophie, notre fil conducteur, illustre ces dynamiques : face \u00e0 une relation familiale peu favorable \u00e0 un enfant, elle minimise les indices et repousse toute consultation. Son comportement traduit une strat\u00e9gie inconsciente pour r\u00e9duire l'anxi\u00e9t\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l'id\u00e9e d'une grossesse non d\u00e9sir\u00e9e.\n\nLes \u00e9tudes et associations sp\u00e9cialis\u00e9es rappellent qu'aucune m\u00e9thode contraceptive ne prot\u00e8ge du d\u00e9ni. La pilule, le st\u00e9rilet ou d'autres dispositifs peuvent coexister avec l'apparition d'une grossesse non identifi\u00e9e. Par ailleurs, des recherches explorent des facteurs neurobiologiques et hormonaux qui pourraient contribuer au verrouillage de la perception corporelle, mais ces pistes restent en partie exploratoires.\n\nDu point de vue clinique, la pr\u00e9sence d'un d\u00e9ni implique une prise en charge respectueuse du rythme de la personne. La premi\u00e8re \u00e9tape est la s\u00e9curisation m\u00e9dicale du f\u0153tus et de la m\u00e8re. Vient ensuite l'accompagnement psychologique, souvent propos\u00e9 via des sp\u00e9cialistes en p\u00e9rinatalit\u00e9 capables d'articuler \u00e9coute, \u00e9valuation du stress post-traumatique potentiel et soutien \u00e0 la parentalit\u00e9.\n\nL'environnement social joue un r\u00f4le majeur. Un entourage bien inform\u00e9 et sans jugement facilite l'acc\u00e8s au soin. \u00c0 l'inverse, la stigmatisation ou la minimisation des \u00e9motions pousse souvent la femme \u00e0 rester dans le silence. Pour Sophie, un proche attentive, renseign\u00e9e sur les signes discrets, finit par l'accompagner chez le m\u00e9decin ; la d\u00e9couverte est \u00e9motionnelle mais suivie d'un accueil m\u00e9dical structur\u00e9.\n\nPsychoth\u00e9rapeutes et psychiatres sp\u00e9cialis\u00e9s travaillent souvent en lien avec les services de maternit\u00e9. Les interventions peuvent inclure des entretiens courts pour traiter l'urgence \u00e9motionnelle, puis un suivi plus long ax\u00e9 sur la construction du lien m\u00e8re-enfant et la gestion des \u00e9ventuels traumatismes ant\u00e9rieurs. L'accent est mis sur la s\u00e9curit\u00e9 et la dignit\u00e9 de la personne.\n\nEn r\u00e9sum\u00e9, le d\u00e9ni de grossesse est soutenu par des m\u00e9canismes psychiques prot\u00e9geant la personne d'une r\u00e9alit\u00e9 mena\u00e7ante. L'approche recommand\u00e9e privil\u00e9gie la bienveillance, l'\u00e9valuation des facteurs de risque et une articulation \u00e9troite entre soins obst\u00e9tricaux et soutien psychologique. Cette approche pr\u00e9pare le terrain pour la prise en charge concr\u00e8te d\u00e9crite dans la section suivante.\n\n\n\nDiagnostic et prise en charge : parcours m\u00e9dical et soutien psychologique\n\nLorsqu'un d\u00e9ni de grossesse est suspect\u00e9, le pragmatisme guide l'action. La priorit\u00e9 imm\u00e9diate est la s\u00e9curit\u00e9 obst\u00e9tricale : d\u00e9terminer l'\u00e2ge gestationnel, v\u00e9rifier la vitalit\u00e9 f\u0153tale et d\u00e9pister d'\u00e9ventuelles complications. Parall\u00e8lement, il faut organiser un soutien psychologique adapt\u00e9 \u00e0 la situation.\n\nSur le plan m\u00e9dical, les \u00e9tapes usuelles comprennent :\n\nTest de grossesse urinaire ou sanguin pour confirmer la grossesse.\u00c9chographie pour dater la grossesse et v\u00e9rifier le d\u00e9veloppement f\u0153tal.Bilan biologique complet (groupe sanguin, infectiologie, bilan m\u00e9tabolique).Mise en place d'un suivi obst\u00e9trical r\u00e9gulier si la grossesse se poursuit.\n\nCes examens sont r\u00e9alis\u00e9s rapidement dans les services de maternit\u00e9 ou les cabinets m\u00e9dicaux. En Suisse romande, les h\u00f4pitaux universitaires et cliniques cantonales proposent des parcours d\u00e9di\u00e9s pour les situations p\u00e9rinatales complexes, avec \u00e9quipes pluridisciplinaires impliquant sage-femme, gyn\u00e9cologue, p\u00e9diatre, psychologue et assistante sociale.\n\nLe volet psychologique est central. Il implique une \u00e9coute non intrusive, une \u00e9valuation du risque suicidaire ou de l'ins\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle, et la mise en place d'un suivi par un professionnel sp\u00e9cialis\u00e9 en p\u00e9rinatalit\u00e9. Le but est d'accompagner la femme dans la prise de conscience, de travailler sur l'acceptation progressive et de pr\u00e9parer la parentalit\u00e9 si la grossesse se poursuit.\n\nDes dispositifs pratiques existent pour faciliter l'accompagnement :\n\n\ud83d\udcc5 rendez-vous coordonn\u00e9s entre obst\u00e9trique et psychologie ;\ud83c\udfe5 orientation vers un r\u00e9seau p\u00e9rinatal cantonal ou hospitalier ;\ud83e\udd1d intervention d'une assistante sociale pour les aspects administratifs et la mise en place d'aides si n\u00e9cessaire.\n\nUn point essentiel : la majorit\u00e9 des enfants n\u00e9s dans ces situations pr\u00e9sentent un poids de naissance comparable \u00e0 la population g\u00e9n\u00e9rale, selon des \u00e9tudes hospitali\u00e8res. N\u00e9anmoins, le suivi p\u00e9diatrique est renforc\u00e9 pour surveiller la sant\u00e9 n\u00e9onatale et pour soutenir la construction du lien m\u00e8re-enfant. Si la situation sociale ou psychologique l'impose, des mesures d'accompagnement renforc\u00e9 sont propos\u00e9es, incluant m\u00e9diation familiale ou dispositifs d'accueil temporaires.\n\nExemple concret : apr\u00e8s la d\u00e9couverte, Sophie b\u00e9n\u00e9ficie d'une \u00e9chographie et d'un entretien imm\u00e9diat avec une psychologue de la maternit\u00e9. Une \u00e9quipe coordonne ses rendez-vous et l'oriente vers un groupe de soutien. Ce parcours r\u00e9duit l'isolement et facilite l'acc\u00e8s aux soins pr\u00e9nataux indispensables.\n\nEnfin, il faut pr\u00e9voir les aspects juridiques et administratifs selon le choix de la femme. En Suisse, comme ailleurs, des solutions existent pour pr\u00e9server l'anonymat ou la confidentialit\u00e9 dans des cas particuliers ; les professionnels de sant\u00e9 informent sur ces options et accompagnent les d\u00e9marches si n\u00e9cessaire.\n\nCl\u00e9 pratique : face \u00e0 un doute, un test simple suivi d'une \u00e9chographie s'impose, et la prise en charge doit associer soin obst\u00e9trical et soutien psychologique pour s\u00e9curiser m\u00e8re et enfant.\n\nRep\u00e9rage par l'entourage, pr\u00e9vention et ressources en Suisse romande\n\nLe r\u00f4le de l'entourage et des professionnels de premi\u00e8re ligne est d\u00e9terminant pour rep\u00e9rer un d\u00e9ni de grossesse. Une personne attentive peut aider \u00e0 rompre l'isolement et \u00e0 orienter vers des structures comp\u00e9tentes. Voici des rep\u00e8res concrets pour agir et des ressources adapt\u00e9es au contexte suisse romand.\n\nSignes d'alerte que l'entourage peut observer :\n\n\ud83d\udc40 changements physiques subtils non expliqu\u00e9s ;\ud83d\udcc9 disparit\u00e9 entre le ressenti et la r\u00e9alit\u00e9 (par exemple, douleurs r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sans diagnostic clair) ;\ud83d\udcf5 \u00e9vitement des discussions sur la sant\u00e9 ou le corps ;\ud83d\udde3\ufe0f isolement social ou refus d'aller chez un m\u00e9decin.\n\nSi vous rep\u00e9rez un ou plusieurs de ces \u00e9l\u00e9ments chez une proche, la d\u00e9marche recommand\u00e9e consiste \u00e0 proposer un accompagnement concret : sugg\u00e9rer un rendez-vous m\u00e9dical, se rendre avec elle \u00e0 la consultation, ou l'aider \u00e0 contacter une maternit\u00e9 locale. L'approche doit rester empathique et non accusatrice pour \u00e9viter le repli.\n\nEn Suisse romande, plusieurs structures peuvent \u00eatre sollicit\u00e9es : services de maternit\u00e9 des h\u00f4pitaux universitaires (par exemple Gen\u00e8ve, Lausanne), centres p\u00e9rinataux cantonaux et cabinets de sages-femmes. Les cantons disposent \u00e9galement de services cantonaux de sant\u00e9 publique qui orientent vers les r\u00e9seaux de p\u00e9rinatalit\u00e9 locaux. Les professionnels peuvent proposer un accueil rapide et discret.\n\nDes ressources pratiques pour vous orienter :\n\n\ud83d\udcde contacter la consultation de maternit\u00e9 du CHUV (Lausanne) ou des HUG (Gen\u00e8ve) selon le lieu de r\u00e9sidence ;\ud83e\udded se renseigner aupr\u00e8s du service cantonal de sant\u00e9 ou des sites officiels cantonaux pour obtenir la liste des services p\u00e9rinatals ;\ud83e\udd32 solliciter une sage-femme lib\u00e9rale comme premier point de contact pour un test et une \u00e9coute.\n\nDes dispositifs d'aide sociale et psychologique peuvent \u00eatre mobilis\u00e9s rapidement. Les \u00e9quipes hospitali\u00e8res \u00e9valuent les besoins et proposent, si n\u00e9cessaire, une orientation vers des services sociaux ou d'h\u00e9bergement temporaires. En parall\u00e8le, des associations d'entraide et groupes de soutien locaux existent et contribuent \u00e0 r\u00e9duire la solitude.\n\nPour les professionnels, quelques bonnes pratiques \u00e0 adopter :\n\n\ud83d\udcdd proposer syst\u00e9matiquement un test de grossesse devant certains signaux cliniques ;\ud83e\udd1d coordonner rapidement avec le service p\u00e9rinatal et le secteur psychologique ;\ud83d\udd12 garantir la confidentialit\u00e9 et la bienveillance dans l'\u00e9change.\n\nUn cas d'illustration : une coll\u00e8gue de Sophie a remarqu\u00e9 un comportement inhabituel et l'a invit\u00e9e \u00e0 consulter la sage-femme du coin. L'accueil discret et la prise en charge coordonn\u00e9e ont permis d'\u00e9viter la panique et de garantir un suivi m\u00e9dical d\u00e8s la d\u00e9couverte.\n\nEn guise d'orientation finale, voici une checklist rapide \u00e0 garder avec vous si vous pensez qu'une personne peut \u00eatre en d\u00e9ni :\n\n\u2705 proposer calmement un test de grossesse ;\u2705 accompagner \u00e0 un rendez-vous m\u00e9dical si besoin ;\u2705 demander l'orientation vers une \u00e9quipe p\u00e9rinatale ou une sage-femme ;\u2705 rappeler que le soutien psychologique est disponible et courant ;\u2705 \u00e9viter le jugement et favoriser la s\u00e9curit\u00e9 imm\u00e9diate.\n\nLes ressources cantonales, les maternit\u00e9s et les sages-femmes constituent un r\u00e9seau fiable pour accompagner la femme et sa famille. Une prise en charge pr\u00e9coce am\u00e9liore nettement la s\u00e9curit\u00e9 obst\u00e9tricale et le soutien psychologique, deux \u00e9l\u00e9ments essentiels pour aborder la suite en confiance.\n\nPoint cl\u00e9 : la vigilance de l'entourage, combin\u00e9e \u00e0 un acc\u00e8s rapide aux services p\u00e9rinataux, change durablement le parcours des femmes concern\u00e9es.","word_count":2673,"reading_minutes":13,"headings":[{"level":2,"text":"D\u00e9ni de grossesse : d\u00e9finition m\u00e9dicale et formes cliniques \u00e0 conna\u00eetre"},{"level":2,"text":"Sympt\u00f4mes physiques du d\u00e9ni de grossesse : signes discrets \u00e0 rep\u00e9rer"},{"level":2,"text":"Signes psychologiques et comportementaux : comment le psychisme participe au camouflage"},{"level":2,"text":"Diagnostic et prise en charge : parcours m\u00e9dical et soutien psychologique"},{"level":2,"text":"Rep\u00e9rage par l'entourage, pr\u00e9vention et ressources en Suisse romande"}],"taxonomy":{"categories":["Sant\u00e9"],"tags":[]},"schema_version":"1.0"}